Contre l’atelier de 800 veaux à Saint-Gilles

MOBILISATION CONTRE L’AGRANDISSEMENT D’UN ATELIER DE 800 VEAUX

Sur la commune de Saint-Gilles, au lieu dit « la touche Bossé », un atelier de 800 veaux va voir le jour si nous ne réagissons pas.
Le projet consiste en l’agrandissement d’un élevage de veaux de boucherie afin d’accueillir 315 animaux de plus. L’élevage passerait ainsi à 800 veaux, nécessitant la construction d’un nouveau bâtiment au sein de l’exploitation.

Cet agrandissement fait réagir les habitants de Saint-Gilles et des communes environnantes, qui s’inquiètent des dangers qu’il représente. Des élus soucieux d’écologie pointent le surcroît de pollution par les effluents et la menace de destruction des petites exploitations paysannes par ce modèle industriel. S’il se concrétise, il aura indubitablement un impact sur la santé, l’environnement et sur le bien-être animal et de l’éleveur.

 

  • La santé

 

Même si les veaux sont utilisés pour leur viande, il ne faut pas oublier pourquoi ils sont nés : sans veau, une vache ne produira pas de lait. Cette consommation de produits laitiers à outrance génère des veaux qu’il faut ensuite engraisser et revendre. Comment enrayer la machine ? On devrait encourager tout un chacun à consommer moins de produits laitiers et de viande, et cela à tous les repas. De plus, l’OMS a classé les viandes rouges (qui incluent aussi le porc et le veau) comme cancérogènes probables et conseille d’en baisser la consommation.

Il est important d’indiquer les risques sur la santé tant pour les veaux que pour l’être humain :

  • Transmission des virus/bactéries par les transports ;
  • Résistance des bactéries aux antibiotiques par les traitements systématiques préventif donnés aux animaux ;
  • Lors de l’épandage, de l’ammoniac sera respiré par l’agriculteur comme par les voisins, auxquels s’ajouteront des nuisances olfactives, des résidus médicamenteux ou encore la présence de désinfectants dans les lisiers.

 

  • L’environnement

 

Cet agrandissement d’élevage aura des répercussions non négligeables sur l’environnement.

Des problèmes sur l’écosystème vont se poser notamment lors de l’élimination du lisier en grande quantité. On ne peut que regretter la réduction continue des prairies en Bretagne, l’extension des cultures de maïs et  la diminution des exploitations de polyculture/poly-élevages, cette intensification constitue une menace pour l’eau (contrairement à la tendance générale, les cours d’eau des sous-bassins versants de la Vilaine continuent de se dégrader : ERB 177, octobre 2016), l’environnement, la santé. Les plantes ne peuvent pas assimiler tout le lisier déversé dans les champs, alors l’excédent s’infiltre dans les sols et s’écoule dans les rivières et les nappes phréatiques (dont la Clénouyère, zones humides de Saint-Gilles, à proximité de l’exploitation de veaux).

Le secteur de l’élevage a un rôle souvent méconnu dans le réchauffement de la planète. Hormis le transport des aliments d’origine souvent lointaine, les activités d’élevage sont ainsi responsables de l’émission de nombreux gaz responsables de l’effet de serre : dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote, ammoniac.

L’agrandissement de cet atelier de veaux aura également un impact sur les exploitations agricoles et maraîchères environnantes qui les mettra en danger : pollution de l’eau de la nappe phréatique, des terres de cultures, des zones d’herbage…

 

  • Le bien-être animal des veaux et de l’éleveur

 

Dans cette perspective, l’animal est considéré comme un produit et non comme un être à part entière. Pour aller dans le sens de l’équilibre et de la santé de ses animaux, l’éleveur pourrait choisir d’offrir à ses animaux des conditions de vie qui respectent leurs besoins physiologiques et comportementaux. C’est le fondement même de la prévention. Le traitement médical devient alors exceptionnel. L’alimentation (nature, quantités, variétés, proximité et mode de préhension), le logement (espace et confort), le plein air, la reproduction et l’élevage des jeunes, le respect de l’intégrité (absence de mutilation), sont les besoins auxquels les éleveurs devraient être attentifs. Les animaux, êtres sociaux, ont aussi des besoins de relations, de jeux et des besoins affectifs maternels, entre eux, avec les animaux des autres espèces sauvages ou domestiques de la ferme et avec les humains qu’ils côtoient au quotidien.

De plus, l’agriculteur s’endette pour investir dans le bâtiment, et doit fournir l’eau, l’électricité, le gaz, la maind’œuvre. Il est lié à un contrat avec une entreprise qui lui fournit l’aliment, les veaux, assure le suivi technique et vend ensuite les veaux gras agés de 6 mois à l’abattoir. L’agriculteur perçoit alors un forfait de base complété par des primes. Est-ce là un modèle viable sur le long terme ? L’agriculteur se retrouve ainsi ouvrier au service d’une multinationale avec les contraintes financières et de rentabilité qui entraînent des modifications de contrats ou des ruptures pures et simples. Comment l’agriculteur peut alors faire face avec les prêts qu’il a contracté ? Il devra se plier aux bons vouloirs de l’entreprise.

A cet unique modèle de développement proposé, à savoir celui d’une intégration à l’industrie agro-alimentaire mondialisée. Denkavit, multinationale néerlandaise, “numéro un du veau de boucherie en France”  (Ouest-France du 28 avril 2017 : ”Dans les coulisses d’un élevage de veaux”) encourage la déforestation au Brésil pour y cultiver du soja transgénique qui sera ensuite importé en Europe…

Ce système capitaliste rémunérateur pour les actionnaires, est destructeur de la biodiversité. Cette richesse est sacrifiée au profit du court terme.

Une meilleure qualité est fortement conseillée, en la payant au juste prix grâce à la réduction d’intermédiaires pour permettre aux éleveurs de vivre correctement de leur travail. En réduisant sa consommation de viande, le budget nourriture n’augmentera pas voire diminuera, tout en contribuant à l’amélioration de conditions écologiques de toute production, en respectant l’environnement, donc notre santé et celle de nos enfants. L’agriculture locale à petite échelle peut elle aussi être rentable, de nombreux exemples de circuits courts existent et permettent de faire vivre des paysans, quelques points d’achats sur Saint-Gilles et les environs :

  • Les AMAP, association pour le maintien de l’agriculture paysanne (Pacé, Rennes, Le Rheu, Montauban, Pleumeleuc) ;
  • Le Clic des champs, groupement de producteurs avec site de commande en ligne ;
  • Brin d’herbe ;

Le terme « paysan » a trop souvent tendance à avoir une connotation négative, alors que le sens propre du terme est une personne qui vit du produit de ses terres agricoles, dorénavant possible avec de la qualité.

En terme d’emploi, actuellement, il y a 3 ETP (Équivalent Temps Plein) pour 500 veaux, et restera à 3 ETP pour 800 veaux, en raison d’une automatisation maximale. Il n’y aura donc aucune embauche pour cette production supplémentaire.


Le pouvoir est dans les mains de chaque consommateur, manger moins de viande et de meilleure qualité, pas à tous les repas (pratique alimentaire des flexitariens) et surtout de meilleure qualité. Dans ce domaine comme ailleurs, il est toujours possible de préférer la qualité à la quantité. Chaque achat que nous faisons en tant que consommateurs est une réponse à la question : “Que voulons-nous pour notre avenir ?”. La réponse est entre vos mains : soit des fermes-usines avec des ouvriers fournissant de la quantité, soit des paysans plus soucieux de la qualité de leurs produits et fiers de leur travail ?

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